Château les Miaudoux - Les grands vins de Saussignac
 
Vous vous posez quelques questions sur le bio?
Comment ça a commencé?
 
    Deux réponses sont possible. Les uns diront que la bio existe depuis que l’homme cultive la terre. Tandis que d’autres marquent sa date de naissance en même temps que la naissance de la lutte chimique en agriculture, soit nettement plus tard.
 
    Le mouvement biodynamie fait son apparition à la suite du cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner dans l’entre-deux guerres. Cette tendance fait suite à un constat de baisse de fertilité des sols et de la dégénéressance des animaux. L’agriculture Biodynamique propose un travail à bases de préparations dynamisées tout en tenant compte des influences telluriques et cosmiques.
 
    Le mouvement d’agriculture bio que l’on connait mieux en France est né après la seconde guerre mondiale avec l’apparition des engrais chimiques. L’agriculture française se lance alors dans une course effrénée au rendement grâce aux progrès technique. A l’inverse une poignée d’agriculteurs se méfient de tous ces nouveaux produits miracles et décident de s’en tenir à une gestion raisonnable et mesurée de leur production. A cette époque la pratique bio est très marginale et les méthodes ne seront reconnues qu’à partir des années 70 avec l’apparition de la charte « Nature et progrès » qui proscrit toute utilisation d’engrais et de pesticides chimiques.
 
Pourquoi avoir choisi le bio?
 
    C'est après plus de quinze années de travail en lutte raisonnée que la lutte bio s'est présenté à nous comme un nouveau challenge mais surtout une vérité incontestable.
 
    Il nous a semblé nécessaire de marquer une rupture avec les modes de luttes phytosanitaires conventionnel et le raisonné que je nommerai "la chimie" par facilité.
 
    Pour commencer, la lutte conventionnelle est un simple calendrier de traitement que l'on vend avec les pesticides chimiques qui vont avec. Ce calendrier défini avec précision la date des traitements que vous devez effectuer avec les noms des matières actives à utiliser ainsi que leurs dosages pour être assuré de garder un vignoble (ça marche pour toutes les productions végétales) absolument sains de toutes maladies et ravageurs. Mais le plus fort, c'est que ce calendrier est réalisé avant la période de végétation et il est valable toute l'année.
 
    Et puis, il y a la lutte raisonnée qui n'est, sous l'apparence d'un magnifique concept de stricte observance des seuils de nuisiblité des ravageurs, une lutte conventionnelle qui fait des économies de traitements phytosanitaires, donc d'argent.
 
Quel à été l’élément déclencheur?
 
Sur notre exploitation, le "bio" n'a pas toujours été considéré de la même manière.
 
Dans les premières années qui ont suivie l'installation (l'achat de la propriété) la lutte phytosanitaire n'était pas au centre des préoccupations. C'était l'époque de la fin des années 80, il fallait premièrement : rembourser les emprunts, et deuxièmement : faire un produit de qualité.
 
Dans le contexte bergeracois, en 1980 la vente en bouteilles par les vignerons n'était pas très courante. Des sociétés de négoces achetaient la majorité des vins aux viticulteurs en vrac et la meilleure rémunération était à celui qui avait le meilleur rendement, la qualité n'ayant que peu d'influence sur le prix de vente. En 1988, ce n'est pas sans bruit que Monsieur Gérard Cuisset confie à un journaliste "qu'il faut éclaircir (enlever de grappes) les vignes pour obtenir des vins de qualité. Or, ce fut une grande avancée pour le vignoble de Bergerac.
 
La vente en bouteilles était le seul moyen d'avoir la confiance de la banque, quant à la qualité, elle est l'argument indispensable pour pouvoir vendre son produit.
 
Très tôt, la lutte phytosanitaire a été mené de manière raisonnée bien que Gérard Cuisset avoue qu'il préférait traiter plutôt deux fois qu'une dans le contexte difficile de son installation. N'ayant pas le goût de l'échec, il s'interdisait le droit à l'erreur, soit la perte de sa récolte.
 
Après une année de grêle qui à détruit 80% de la récolte en 1989, après une année de gelée blanche qui prive une deuxième fois de vendanges en 1991, nous avons appris la dure réalité du métier et les critiques ne s'y trompent pas. Le "Château les Miaudoux" est vu comme une entreprise guidée par un couple de viticulteurs chevronnées.  Les récompenses s'accumulent, les affaires marchent, bien que le marché ne soit pas florissant.
 
C'est certainement en 1995 que la donne à changé dans les convictions. C'est l'année où Elise (la troisième des cinq enfants) âgée de 6 ans est atteinte d'une leucémie. Une longue phase de questionnement commence alors. Avec une question centrale : quelle a pu être la cause de cette maladie. Aujourd'hui encore, des années après la guérison d' Elise, la question se pose encore.
 
 
Une telle épreuve dans la vie d'un couple nous a sensibilisé à toutes ces révélations faites dans différents média qui désignent certains pesticides comme responsables de malformations avant naissance, et dégénérescences prématurés. Des produit chimiques que l'on appelle mutagènes et cancérigènes.
 
Le 21ème siècle est celui de l'écologie. L'impact des produits phytosanitaires chimiques sur l'environnement n'est plus à prouver. Tandis que la sensibilisation pour l'écologie est de plus en plus importante dans les écoles, nous avons décidé de convertir notre vignoble en "bio" pour l'année 2003.
 
Le bio : Perspective d’avenir
 
Depuis le début, à Saussignac nous avons chercher à nous démarquer, à trouver l'innovation qui nous donnera de l'avance par rapport à la concurrence. 
Dans les années 80 et 90, nous avons fait un long chemin, du point de vue œnologique. Au début des années 2000, en développant toutes ces méthodes innovantes, nous sommes rattrapés par la concurrence, et donc nous ne sommes plus en bonne position face à la clientèle. 

Cependant, toutes ces innovations sont facilités par des produits de l'industrie phyto-pharmaceutique. Or, le consommateur a envie de plus de transparence dans le vin qu'il achète. C'est pourquoi tout l'enjeu des années 2000 est de faire un vin de qualité sans utiliser de pesticides chimiques ni produits œnologiques chimiques.

Le vrai challenge qui promet un bel avenir à la viticulture est de faire du vin bio de qualité.

Diagramme climatique entre le 1er mars et le 14 juillet 2008
2008 : une année difficile, et un temps de chiens! Les barres bleus sont les précipitations de pluie et le tracé rouge représente la température moyenne.
 
Le bio : quelques avantages
Habitant dans un environnement de vignes et de pruniers bios, nous vivons dans un espace sain. Et puis, nous avons plaisir à manger et boire ce que l'on produit.
De plus, on pense mettre en pratique ce que l'on pense juste et responsable pour l'environnement, alors psychologiquement on se sent plutôt bien.
 
Comment reconnaît-on le bon bio du mauvais bio?

Dans toute activité agricole, l'homme travaille avec la nature pour récolter ses précieuses denrées qui sont pour lui son bénéfice une fois toutes les charges déduites. Le facteur le plus important pour obtenir une récolte qui permettra à l'agriculteur de vivre c'est le sol! L'agriculteur conventionnel a tendance à l'oublier souvent  en considérant d'abord le végétal producteur et seulement ensuite toutes les composantes environnantes de la nature (sol, climat, biodiversité, etc...).

Pour faire plus simple, un arbre en bio produit naturellement des fruits selon la fertilité du sol. En agriculture chimique, on peut augmenter facilement ce potentiel de production en apportant à la plante de simples engrais chimiques composés à la demande d'azote, de phosphore, et de potassium sous formes minérales. Dans le cas de la fertilisation chimique, on augmente son système foliaire, la quantité de fruits ainsi que son calibre parfois. Le sol perd son rôle primordial sur la fertilité du végétal pour un rôle secondaire : servir de support pour transférer les engrais chimiques vers les arbres.

Qu'en est-il des autres éléments minéraux, des anti-oxydants et des vitamines dans les végétaux et les fruits en production chimique? Ils sont dilués. C'est ce qui se passe lorsque le rendement d'un arbre dépasse la fertilité réelle du sol par l'effet des engrais chimiques. En conséquences, les fruits - plus nombreux - sont moins nourrissants et moins savoureux.
De plus, si l'arbre est plus verdoyant et plus touffu, il est d'autant plus sensible aux ravageurs. Parmi eux, le plus flagrant est sans doute le puceron. Les cultures fertilisées avec des engrais chimiques étant plus sensibles aux maladies, elles doivent donc être protégés des ravageurs par des produits chimiques toujours plus puissants et malheureusement toujours plus toxiques. 

Une des qualités d'un bon agriculteur Bio est de considérer le sol comme l'élément essentiel de la fertilité et de la bonne santé de ses cultures. 

 
Comment adopter la « bio attitude »?
 
Y a t-il une attitude bio? Entre Frugalité heureuse, vie en autarcie, ou simplement respecter les principes du développement durable du moment, que doit-on choisir pour se sentir proche de la nature.
 
Tout d'abord, "le Bio" n'aime pas la mondialisation. Il aime le contact avec le producteur ou l'artisan, celui qui relie le consommateur directement au terroir et le savoir faire. En somme toujours favoriser les circuits courts.

On peut aussi trouver bien des façons de donner du sens à l'expression : "être proche de la nature". Ce printemps, nous avons cueilli de la "doucette" en grandes quantités dans les vignes pour la manger en salade. En effet la doucette pousse abondamment dans nos vignes travaillées depuis notre conversion au bio. Les agriculteurs de la région ont perdu ce réflexe tant ils ont aspergé leurs terres de désherbants et de pesticides de toutes sortes. Vivre avec les saisons et savoir cueillir de la mâche qui pousse naturellement, voilà des éléments importants pour adopter la "bio attitude".

Et puis j'aurai tendance à dire : pas de "bio attitude" sans cultiver son jardin potager! Pour un circuit court, c'est un circuit court! Si vous avez la possibilité de faire votre jardin, vous pouvez encore gagner des points en vous procurant des semences de variétés anciennes. En passant, je fais de la pub pour Kokopelli, distributeur de semences anciennes. Ils le méritent bien!

Le Bio et le Vin

Entre le monde du Vin et le monde de la bio, il y a une réelle guerre froide. A tel point qu' un vin étiqueté bio se range dans la catégorie "vins bios".

Il faut dire que le produit bio, c'est le retour à la terre. C'est replacer l'action de se nourrir au centre des besoins vitaux : il faut qu'il y ai du goût, du plaisir et il faut protéger sa santé. Se nourrir, c'est 3 fois par jours, 1095 fois par ans, alors on ne peut pas le faire n'importe comment. Voilà l'état d'esprit bio.

Tandis que le vin a un rôle secondaire dans l'alimentation. Il agrémente le repas, il renforce le plaisir des papilles, il détend les convives, il facilite les conversations, mais le plus terrible de tout, quand on reçoit du monde,c'est qu' il doit faire parler de lui. Je veux dire par là que les invités se sentent toujours obligés de faire un compliment sur le vin et le maitre de maison n'en attend pas moins! Ce vin, par sa qualité doit être révélateur de l'affection que l'on porte à nos invités, et c'est de là que viennent nos problèmes. 

Entre l'incertitude sur la qualité du vin, du goût de bouchon, du millésime, de la côte de l'appellation,  de la réputation du château, etc... Pour flatter ses convives, il faut (y mettre le prix ou bien)vraiment connaitre le vin. Savoir le sentir, le faire rouler dans le verre, sentir deux ou trois arômes bien caractéristiques des cépages (qu'il faut deviner) et trouver tous les défauts, mais ça, c'est toujours les autres qui savent le faire. Alors comme on y connait rien au vin pour une majorité d'entre nous, on est toujours très angoissé au moment d'acheter ses bouteilles.

Bref, lorsque l'on achète un produit bio à un producteur, il défend son produit en disant, qu'il est bon , qu'il n'est pas traité ni désherbé, qu'il a poussé en pleine terre, ....etc. Ces arguments  ne peuvent pas servir à défendre un vin bio que l'on voudrai servir sur la table d'un ministre. Les vins bio sont réservés à des repas d'initiés, ou des repas décomplexés.
 
Le vin peut-il être totalement bio?
 Il n'existe à ce jour ni règlementation de vinification bio ni de label. Cette absence de règles spécifiques au vin fait cruellement défaut aux vignerons bio. La mention "vin Bio" est interdite de plus le label Bio européen ne doit pas figurer sur les bouteilles. Le vin n'est pas considéré comme un produit 100% Bio.

Cette absence de réglementation de vinification des vins bio n'est pas le fruit du hasard. Elle a plusieurs raisons :

Le vin, au cours de son élevage, est additionné de soufre(sulfites), un anti-oxydant puissant, sans lequel il finirait très vite en vinaigre. Les défenseurs du soufre disent que le vin, par définition, doit être traité au soufre; le vin sans ajout de soufre doit s'appeler du vinaigre. Or certains vignerons bio luttent contre cette idée en faisant du vin sans soufre. En effet le "vin sans soufre ajouté" commence à ce faire une petite place dans le marché grandissant des vins Bios. Mais que doit -on penser de ces vins 100% naturels? Relèvent-ils d'une véritable performance technique? Sont-ils vraiment de qualité équivalente? L'oxydation  récurrente dans le goût de certains vins sans soufre doit elle être considéré comme un défaut? Ou bien est-ce que les mentalités doivent changer à l'égard de l'oxydation? Voilà un premier débat d'ouvert...

Le vin 100% naturel paraissant bien trop compliqué à faire, un compromis à été proposé par la FNIVAB (fédération nationale interprofessionnelle des vins de l'agriculture biologique). Une charte de vinification visant à réduire l'usage des adjuvants du vin comme le fameux SO2 (soufre). Cette charte est loin de faire l'unanimité. 

Peut-on trouver des résidus de pesticides dans les vins bio?
 
Est-ce que les vins bios sont moins bons que les vins chimiques?
Les vins bios sont-ils tous trop chers?
 
Le bio : un combat
"Nos enfants nous accuseront" : titre de film légèrement culpabilisant qui en a repoussé quelques-uns. C'est un film très beau et humain qui met en lumière une réalité tragique concernant notre agriculture. La santé de nos enfants est en jeu!

"Solutions locales pour un désordre global": autre film écologiste qui pourrait bien vous révéler l'extrême perversité de l'industrialisation de l'agriculture qui s'est donnée pour appellation la "révolution verte". Le canular du siècle passé!
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